Suicide ....
Qui peut mieux en parler ?
Pas moi, mais davidPI14K, oui ....qui a bien voulu nous en parler, voici son article "coup de gueule"
Merci david d'avoir accepter ...Pas de lien, car plus d'article sur son blog ....
Cela fait quelques temps déjà que je suis dans cet univers des blogs.
Avant celui-ci, j'avais un blog dédié aux voitures et un autre dédié aux fringues : blogs de mômes en somme.
Les commentaires allaient de paire, bien entendu.
J'ai supprimé ces blogs, j'ai grandi, un peu du moins.
Je suis ce qu'on appelle un "dingue du net". Je suis connecté bien trop... Je me ballade ici sur skyrock et sur d'autres plateformes et je joue beaucoup en réseau.
Bref.
Je suis outré de lire de plus en plus des articles concernant le suicide. Oh ne vous méprenez pas. C'est bien d'en parler ! Mais quand ce sont des gens qui ne connaissent pas ce que c'est, ne l'ont pas vécu (ni de près ni de loin) et qu'ils se permettent de véhiculer certaines images, là je m'énerve !
Bien entendu, il suffit d'une simple question pour s'apercevoir de tout ceci.
Encore la semaine dernière j'avais juste demandé à un mec qui faisait des affirmations, si au moins il avait vécu ça... s'il avait eu un jour cet acte, si un membre de sa famille l'avait commis, ou un ami, ou un copain, ou une relation, ou un prof ou même qu'un voisin...
Bien entendu, j'attends toujours la réponse...
Quelques rares personnes osent me répondre : nan c'est vrai mais c'est l'idée que j'en ai... si tu connais stp, parle moi en.
Alors, je veux juste dire à tous ces "je sais tout mieux que toi et na !" d'arrêter de véhiculer des idées débiles. Arrêtez par exemple de ne simplement dire du suicide : lâcheté pour celui qui le subit, courage pour celui qui se donne la mort...
Car je pense que si c'était aussi simple, de un je saurais si j'étais lâche ou courageux, de deux je ne serais pas suivi donc les psy n'existeraient même pas...
On ne parlerait même pas du suicide du reste.
Peu osent me poser la question de ce que j'ai ressenti. Peu se demandent vraiment sans me condamner pourquoi.
Moi, j'affirme, que tant qu'on ne l'a pas vécu en tant qu'acteur ou en tant que témoin, faut fermer sa gueule. On peut poser des questions car on s'intéresse à ce phénomène très courant à l'heure actuelle. Mais se permettre, de juger, de condamner sans même connaitre la personne qui en arrive là, sans même comprendre ce que ce geste implique et bien ça me révulse au plus haut point.
Ici, je vais avouer : non seulement je sais ce qu'est le suicide pour avoir voulu mourir, mais je sais aussi ce que ça fait pour avoir perdu un membre de ma famille qui lui, ne s'est pas raté.
Je peux donc éventuellement témoigner en tant qu'acteur, mais aussi en tant que témoin, survivant de cette personne morte. Je sais ce que j'ai pensé ou non quand j'ai voulu mourir. Je sais ce que j'ai pensé ou non quand j'ai perdu cette personne. Je sais l'adrénaline qu'on a quand on commet le geste. Je sais les mots écrits, laissés pour ceux qui restent.
Je sais ce que les gens qui m'aiment ont pu ressentir car moi je l'ai ressenti aussi.
Je sais pas encore tout des raisons qui m'ont poussé à en arriver là mais j'y travaille pour ne pas recommencer, pour ne pas imiter la personne que j'ai perdu.
Je reconnais que ce n'était pas la solution à mes maux d'en arriver là... Mais c'était MON action.
Pour tout vous dire, quand je suis passé à l'acte, je ne pensais à rien. Ni à la vie, ni à la mort. Je ne sais même pas si je comprennais ce que j'étais en train de faire. J'y avais pensé peu de temps avant, oui, comme on le fait tous à un moment de la vie. On se dit tellement on va mal : j'veux crever et en finir... Mais rien de prémédité, pas de chantage à mon entourage. Rien.
Ce jour-là, ça m'a pris comme "un coup de calgon". J'ai pris la lame et je me suis tranché les veines. Point barre.
A l'hopital oui j'ai pensé. Pensé avec douleur que j'étais toujours là... Pensé avec douleur que j'avais fait beaucoup de mal à ceux qui m'aiment. Pas seulement car ils m'aiment mais aussi parcequ'ils ne comprenaient pas. La raison de mon geste ? Encore une fois, je ne sais pas encore tout...
Oui, je ne suis qu'un môme de 18 ans qui aime...
Oui, je ne suis qu'un môme de 18 ans qui a été forcé d'avouer son homosexualité, sans y être préparé...
Oui, je ne suis qu'un môme de 18 ans rejetté...
Oui, je ne suis qu'un môme de 18 ans qui ceci ou qui cela.
Mais
Ces explications, bien que ce soit un début, ne me satisfont pas.
Alors, surtout, arrêtez vos affirmations gratuites sur le suicide ou le mal-être...
Parceque sincèrement...
Je ne vous souhaite qu'une chose : c'est de ne jamais vraiment savoir en fait ce que c'est...
Signé David